Non à Conflans ville ordinaire de grande banlieue qu’on nous prépare…

La presse locale, toujours attentive à la voix officielle de la mairie, s’est fait le relai du projet de ville du maire « pour les 10 ans à venir ». Au risque de freiner les enthousiasmes, précisons cependant que Laurent Brosse et son équipe ont été élus pour 6 ans et non 10 et ce à compter de mars 2014. Nous sommes en 2016 et pas plus tard que cette année ils ont été minoritaires dans la commune aux élections régionales. Donc, un peu de modestie conviendrait davantage.
Pour le projet, voyons ce qu’ils envisagent et ce que nous ferions, nous ne ferions pas ou ferions différemment.

Ile du Devant

C’est le sujet le plus sensible pour Conflans car l’île est menacée par le projet de plateforme multimodale qui prévoit le creusement d’un canal d’accès de 100 mètres de large au milieu de l’île face au centre-ville.
Autant dire que c’en serait fini de l’environnement et du cadre de vie.
Laurent Brosse, dans le sillage du précédent maire Philippe Esnol, a renoncé à la protection qu’apportait le classement de l’île en zone ultra protégée par l’AVAP (Aire de Valorisation de l’Architecture et du Paysage) conformes tous deux en cela aux exigences des Ports de Paris et de tous les groupes de pression.
L’île qui est une zone naturelle de grande biodiversité (une étude avait été réalisée par le CORIF en 2011 à l’initiative de l’ancienne majorité, et particulièrement des élus écologistes) se trouve donc exposée à des aménagements qui, sans exclure la catastrophe finale qui serait le creusement du canal, peuvent se rapprocher, au titre d’aménagements de loisirs bien présentés, de ce qu’Andrésy est en train de réaliser avec l’opération Trek’Ile (voir détail sur www.andresytrankile.org) qui est un scandale à la fois écologique et démocratique.

 
fleche1Ce que nous ferions :

Nous aurions la volonté politique de nous opposer à la plateforme multimodale et nous aurions cette même volonté de nous opposer au saccage de l’île avec ou sans plateforme multimodale.
Nous conserverions à l’île son caractère de réserve naturelle et de protection de la biodiversité.
Pour les loisirs nous agirions pour mieux aménager l’étang du Corra et, plus généralement, pour l’entretien de la forêt de Saint Germain en Laye qui souffre d’une sur fréquentation mal contrôlée.
Nous sommes d’ailleurs favorables à ce que les 300 hectares derrière l’île du Devant qui sont lorgnés par tous les affairistes à l’affût derrière Ports de Paris et le Conseil Départemental, soient totalement reboisés pour rétablir la jonction verte entre la Seine et la forêt.

Aménagement de la place Fouillère et des quais

Des projets sont dans les cartons depuis des lustres. Ils ne sont pas à mettre au crédit de l’équipe Brosse.
 
fleche1Ce que nous ferions :

Notre priorité serait d’aménager par priorité pour les conflanais et non pour les touristes de passage entre deux excursions. Pour nous ce projet ne justifie pas qu’on déplace de vraies péniches témoins du passé de Conflans pour laisser la place à des bateaux de croisière et à des installations commerciales.
Sur ce plan mieux vaut permettre aux commerces des quais et du centre ville de s’adapter et de se développer.
Enfin, nous protégerions les tilleuls de la place du marché pour lesquels nous craignons le traitement que l’on connaît dans ce genre de projet: leur abattage après les avoir déclarés « malades ».
Là aussi nous sommes pour la préservation et la mise en valeur du paysage pas pour faire du neuf qui banaliserait notre cœur de ville.

Thalès

10 hectares idéalement placés pour les activités industrielles, l’artisanat et l’emploi. Sauf que le maire a décidé de déclassifier la zone de UEa en UE au PLU. Cela veut dire que nous aurons de nouveaux commerces à cet endroit et de nouvelles aires de parking.
Du gâchis, mais pas pour tout le monde car propriétaires du foncier et promoteurs ont intérêt à vendre des surfaces et des installations commerciales plutôt qu’industrielles et artisanales.
Pendant ce temps, les entreprises déjà installées aux Boutries qui ont besoin de s’étendre seront accueillies sur le terrain voisin de Neuville dépendant de l’agglomération de Cergy!

 
fleche1Ce que nous ferions :

Nous maintiendrions l’ensemble des 10 hectares en zoneUEa pour l’industrie et l’artisanat ce qui empêcherait la spéculation sur le terrain.
Nous nous appuierions, puisque c’est son rôle, sur la communauté urbaine GPSO désormais compétente non seulement pour l’aménagement du territoire mais aussi pour le développement économique.
Nous solliciterions un ferme soutien du Conseil Départemental qui a le pouvoir d’agir pour la maîtrise du foncier.
Mais qu’ont-ils fait les uns et les autres sur ce dossier à part permettre de démolir pour revendre plus facilement?

Place de Chennevières

Rien de nouveau. Les différents projets d’aménagement de la place sont fin prêts depuis toujours.

 
fleche1Ce que nous ferions :

Nous végétaliserions et rendrions plus humaine cette place qu’une urbanisation sauvage a enlaidie. C’est dommage car tous les commerces y sont et, comme dans le centre ville, ils doivent être encouragés.
Les liaisons avec le centre ville et les gares doivent être renforcées par les transports publics et les voies pour deux roues.

Paul Brard

Là aussi le programme de construction-démolition est lancé depuis le précédent mandat.
Mais attention, tout dépend comment les choses se passent et, en matière de logement social, le moins que l’on puisse dire c’est que la gestion de la mairie est opaque.
Il faut bien-sûr reloger. Et il faudra loger de nouveaux habitants car l’opération ne peut pas se faire sans densification.
Le bailleur social est l’OPIEVOY qui est l’organisme HLM du département et dont le président est Pierre Bédier auquel Laurent Brosse n’a rien à refuser.
L’OPIEVOY que l’on dit régulièrement en difficulté financière est le plus gros bailleur social des Yvelines qui a besoin de faire des opérations de rénovation urbaine pour dé densifier certains sites tels que Mantes la Jolie ou les Mureaux.

 
fleche1Ce que nous ferions :

Nous nous assurerions, en toute indépendance, de la maîtrise de l’opération sans échanges politiques d’aucune sorte avec tout ce qui tourne autour de l’OPIEVOY et du Conseil départemental.

Et le reste

Dans le catalogue Brosse de « Conflans dans 10 ans » on ne parle pas de deux sites dont l’aménagement a été abandonné et qui risquent de revoir le jour, et alors que la commune aura perdu toute possibilité d’influence pour l’aménagement de son territoire.
Nous parlons du secteur du Renouveau et de celui de la Justice. Deux problématiques différentes mais qu’il faut traiter au lieu de les gommer comme le fait le maire.

 
fleche1Ce que nous ferions :

Nous créerions une ZAC sur le site du Renouveau pour aménager en habitat de qualité comme cela a été commencé avec une première tranche de logements et afin d’achever la liaison et les circulations avec la ZAC Alcatel totalement terminée.
Nous créerions également une ZAC sur le secteur de la Justice en mettant un terme à l’habitat sauvage tout en respectant les populations existantes et la mixité, le tout sécurisant l’ensemble et le stade et délimitant nettement la ville face aux communes d’Herblay et de Pierrelaye.

A104, Port multimodal

Dans ce « projet à dix ans », il n’est bizarrement pas question ni du projet de l’autoroute A104 en plein Conflans sur lequel Laurent Brosse s’est prononcé favorablement, ni du projet du port multimodal en face de Conflans.

En conclusion

Laurent Brosse et son équipe font de la communication. Mais derrière ces mots et ces phrases peu de projets innovants, une volonté politique d’autant plus faible qu’ils ont abandonné tous les leviers à la communauté urbaine et qu’ils offrent une faible résistance aux lobbies et groupes de pression qui ne manquent pas sur notre territoire.
Nous n’avons pas confiance et nous ferions d’autres choix. Nous aurions d’autres méthodes.

Pour nous Conflans mérite mieux que de devenir la ville ordinaire de grande banlieue que l’on nous prépare.

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